Archives de Tag: paradigme

Comment préparer les jeunes au monde de demain ?

Luc Gendron, d’Aryane, posait la question suivante, tirée de sa conférence:

[edit,  il s’agit d’une conférence privée, et non celle dont j’avais publié le lien, mes excuses !]

« Quel établissement scolaire dispose de la motivation à reprogrammer le GPS en éducation au Québec avec les étudiants comme clients, les professeurs comme « bâtisseurs de nation » et les responsables en approvisionnement comme levier de notre richesse collective? »

Moi, je pense que nous faisons face à l’impasse. Ça rapporterait quoi à un tel établissement, lorsque ses fonds proviennent d’un nombre de diplômes décernés?

« It is like flogging a dead horse », qu’ils disent les ‘brits’. À fouetter un cheval mort, on ne le fera pas aller plus vite, plus loin. On en tirera rien.

Tu sais que je suis d’accord avec toi que de reprogrammer le GPS en éducation est vital. Mais il reste à déterminer l’objectif à atteindre. Cela voudrait dire quoi reprogrammer le GPS ? Former des étudiants plus ouverts sur le monde ? Ou permettre à des jeunes de devenir de meilleurs citoyens d’un monde de plus en plus complexes et changeant ?

Et comment évaluerions-nous les résultats, si ce qu’on recherche ce n’est plus une conformité aux usages d’hier, une adéquation pour un emploi qui n’existera peut-être plus demain, mais une compréhension des lois universelles et une capacité à s’en servir pour s’adapter à un monde changeant ?

Et si ce sont des aptitudes qui ne se mesurent pas sur 100%, est-ce que les parents seront prêts à embarquer ? Surtout si on mesure la capacité de vivre dans le monde présent et à venir, en rupture partielle avec le monde pour lequel les parents ont été formés ? Les parents ne pourront plus s’évaluer entre eux selon le résultat de leurs enfants.

Et quels les étudiants voudraient être de tels clients ? Quels étudiants pourraient vouloir – et pouvoir – prendre en main leur éducation et non attendre d’être nourri par intraveineuse par ce qui vient de l’autorité ? Quels étudiants ont la curiosité, les aptitudes/les outils et surtout la ténacité pour prendre en charge leur avenir – malgré le système en place ?

Ken Coates, ancien doyen de faculté des arts de l’Université de Waterloo, croit que la majeure partie de la Génération C a été élevée dans la facilité, qu’elle manque de curiosité et n’est pas prête à faire face aux difficultés de la vie réelle.  Il blâme l’école-académie qui prône l’estime de soi et les parents qui ont abdiqués à leurs responsabilités de parents.

Je ne crois pas cependant que le système d’éducation puisse y arriver sans y passer. Et c’est pour cela que le changement engendre de la résistance.

La voie qui m’apparaît possible, c’est qu’un établissement puisse, sans soulever d’opposition du reste du système, démontrer la valeur d’un tel changement. Une sorte de laboratoire vivant. Il y a le mouvement des écoles alternatives, qui existent dans certaines commissions scolaires, comme à Trois-Rivières.

Reste à intégrer ces écoles, avec le concours des parents, à une série d’établissements avec une vision, des buts et moyens cohérents, du biberon à la vie active, afin d’en faire des citoyens du monde.  Le monde de demain, pas d’hier.